vendredi 21 novembre 2014

LE POINT DE LA SEMAINE
Une sélection transversale des principaux faits
Vendredi 21 Novembre 2014

Etats-Unis
Le principal évènement de la semaine aux Etats-Unis, est la publication des minutes de la FED. Ces minutes donnent l'image d'un consensus formé par les gouverneurs de la banque centrale américaine pour mettre fin au programme de rachat d'actifs. Tous estimaient que la reprise était suffisamment solide pour encaisser la fin du programme. Le deuxième point qui est plus préoccupant, c'est la revue à la baisse, possible, de la cible d'inflation de la FED. Si celle-ci était ramenée en dessous des 2% en vigueur actuellement, cela voudrait dire que l'économie américaine dispose désormais d'un potentiel de croissance structurellement plus faible. Il ne serait plus seulement la conséquence du ralentissement post-crise financière, mais traduirait une évolution profonde des facteurs de production de la société américaine.

Europe
L’indice PMI des directeurs d’achat fut décevant : il s’est fixé à 51.4 à fin Octobre contre 52.1 un mois auparavant. Ce niveau, le plus bas sur les 16 derniers mois, traduit un véritable ralentissement de l'activité européenne.Dans ce contexte, le fonds d'investissement européen dans les infrastructures de 300 milliards d'Euros promis par Juncker se fait attendre. Les détails devraient être dévoilés la semaine prochaine. Emmanuel Macron, ministre des finances français, craint que le véritable montant qui sera dévoilé ne soit insuffisant. Sa réaction n'est pas anodine, elle traduit une véritable défiance entre la France et la Commission Européenne. Vendredi, Günther Oettinger, commissaire en affaires européennes allemands, a douté de la capacité de Hollande à tenir ses engagements vis à vis de l'UE. De même, le ministre de l'économie italienne, Pier Carlo Padoan, a critiqué les outils statistiques et comptables employés par l'UE, estimant qu'ils étaient dépassés. Ce climat de défiance envers l'UE, n'aide pas du tout à reprendre le bon chemin.

Royaume-Uni
La Banque d'Angleterre a dit toujours craindre la désinflation. Cela s'est confirmé avec la publication d'une inflation de seulement +1.3% à fin Octobre 2014, un chiffre loin de la cible de la banque centrale. Les taux devraient donc rester très bas dans ce contexte.
Londres est par ailleurs, en train de perdre sa bataille contre la directive européenne visant à limiter les bonus des financiers.

Japon
Au Japon, Shinzo Abe a fait le bon choix. Il a reporté de 18 mois la seconde hausse prévue de la TVA, qui devait passer de 8% à 10%. L'économie japonaise est entrée en récession avec la publication d'un repli du PIB au T3-14 de -1.7%. Dans ces conditions, Abe a dissous le parlement et convoqué de nouvelles élections en Décembre. Il a besoin d'un nouveau soutien populaire, pour poursuivre sereinement ses Abenomics. La Banque du Japon quant à elle, a annoncé poursuivre son programme de rachat d'actifs (80 trillions de Yen d'obligations gouvernementales, et 3 trillions de Yen d'actions par an). L'inflation devrait atteindre les 2% à la fin 2015 selon la BoJ.

Chine
La Chine quant à elle a lancé un accord de libre-échange avec l'Australie, après la Corée du Sud et le Japon plus tôt cette année. La Chine est le premier partenaire commercial de l'Australie. Après cet accord, 83% des exportations australiennes vers la Chine seront dépourvus de taxations. De l'autre côté, les exportations chinoises de textile et de vêtements seront exemptés de douanes, sans oublier que les investissements étrangers chinois en Australie seront traitée de façon beaucoup plus souple. 
La Chine fait par ailleurs face à une baisse des prix de l'immobilier (-2.5%), ce qui pourrait ralentir l'industrie immobilière qui représente 23% du PIB chinois !
Le Stock Connect entre les bourses de Shanghai et de Hong Kong est désormais opérationnel. Il a fait disparaitre la décote des actions chinoises, et concentre surtout des flux allant vers le nord : de Hong Kong vers Shanghai.

Russie
La Russie continue de s'isoler de l'Occident. Après avoir quitté précipitamment le G20 pour des raisons de sommeil - alors qu'en réalité Poutine ne souhaite pas répondre de sa politique ukrainienne - la Russie a annoncé des exercices militaires communs avec la Chine.


Bon week-end à vous tous.
Omar Fassal

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