vendredi 28 novembre 2014

LE POINT DE LA SEMAINE
Une sélection transversale des principaux faits
Vendredi 28 Novembre 2014

ETATS UNIS
La semaine a démarré sur un ton très optimiste pour l'économie américaine. La croissance américaine pour le T3-14 avait été publiée à +3.5% au mois d'Octobre. Ce chiffre a été revu à la hausse : la seconde estimation de la croissance passe à +3.9%. La consommation privée a été revue à la hausse, passant de +1.8% à +2.2%. La consommation privée, qui compte pour 70% du PIB américain, est portée par la baisse du prix du pétrole, qui allège la facture énergétique des américains.
Mais Jeudi, les indicateurs publiés sont venu tempérer cet optimisme. Que ce soit la consommation des ménages, les revenus des ménages, les commandes de biens durables, ou le Consumer Confidence Index de l'Université du Michigan, tous ont relativisé l'optimisme ambiant.

EUROPE
L'Europe qui a connu une croissance de +0.2% au T3-14 est dans une passe difficile. L'inflation a baissé de 0.4% en Octobre à 0.3% en Novembre. Le taux de chômage au sein de l'Eurozone est resté stable à 11.5% au mois d'Octobre. L'Europe compte désormais sur deux espoirs. 
Le premier fait écho aux déclarations du vice-président de la BCE Vitor Constâncio, et aux déclarations de Mario Draghi. Il s'agirait d'un QE basé sur des titres souverains ou des obligations d'entreprises devenu beaucoup plus probable. Ce programme sera décidé au T1-2015 si l'inflation ne remonte pas, ce qui signifierait l'échec des mesures entreprises jusqu'à présent.
Le second espoir européen, vient du fonds d'investissement présenté officiellement par Juncker, pour relancer la demande. Le Fonds Européen d'Investissement Stratégique (FEIS) qui sera géré par la Banque Européenne d'Investissement sur les 3 années à venir, permettra d'investir si tout se passe comme prévu, 315 milliards d'Euros levé auprès du secteur privé, dans les infrastructures et dans les PME. Les keynésiens  et les socialistes sont déçus. Ils s'attendaient à ce que l'UE investisse de sa poche plus de 50 milliards d'euros, mais Juncker a balayé cette idée en expliquant qu'il n'en avait simplement pas les moyens. Dans une Europe atone, c'est toujours mieux que rien.
La dynamique des pays reste différente :
  1. L'Allemagne continue de se détacher du reste du bloc. Malgré un contexte peu réjouissant (inflation très basse à 0.5% au mois d'Octobre), le marché du travail se porte toujours bien, avec un taux de chômage stable à 6.6% à la fin du mois d'Octobre. Le nombre de personnes au chômage a baissé de -14 000, contre une attente de -1 000.
  2. En face la France se porte moins bien. Le nombre de demandeurs d'emploi a progressé de 28 000 personnes au mois d'Octobre, atteignant ainsi un total de 3.4 millions de personnes. Les dépenses des ménages ont baissé de -0.9%. De plus, la Commission Européenne a adressé Vendredi un avertissement à la France sur son budget. Si la France ne fait pas d'effort de réformes, elle pourrait s'exposer d'ici début Mars à une sanction financière pour non-respect de ses engagements.
  3. L'Italie à l'image de la France se porte mal. Le chômage italien quant à lui, a progressé de 12.9% à 13.2%.
ASIE
Plusieurs pays souffrent de la conjoncture actuelle :
  1. Chine : La Banque du Peuple a baissé de -0.4 points son taux directeur à 5.6%, et le taux de rémunération des dépôts de -0.2 points à 2.5%. Cette baisse tente de relancer la croissance chinoise qui ralentit. La croissance au trimestre dernier (+7.3%) était la plus basse depuis 5 ans. Les investissements étaient au mois d'Octobre à leur niveau le plus bas depuis 13 ans, et la distribution de crédit sur les 10 premiers mois de l'année était inférieure à celle de l'année précédente.
  2. Japon : Le pays se porte mal. Après avoir réussi à faire augmenter l'inflation, celle-ci est redevenue dramatiquement basse. Elle et ressortie à +0.9% à fin Octobre, contre une cible de +2.0%. Il s'agit là d'un plus bas sur les 13 derniers mois. Après 2 mois de hausse, les ventes au détail ont baissé de -1.3%, vs une projection de seulement -0.5%.
  3. Indonésie : croissance de +5.0%, plus bas depuis 5 ans.
  4. Thaïlande : croissance de +0.6% inférieure aux attentes.
  5. Philippines : croissance de +5.3% vs attentes de +6.5%.
  6. Taiwan : croissance de +3.8% au T3 vs des attentes de +3.6%.
Après la baisse des taux en Chine, et le nouveau round de QE par la Banque du Japon, d'autres banques asiatiques vont surement annoncer de nouveaux assouplissements.

PAYS EMERGENTS
Certains pays émergents producteurs de pétrole, souffrent des prix bas actuels. Ils n'arrivent pas d'une part à équilibrer leurs budgets car les recettes diminuent, et n'ont pas d'autre part, de substitut d'entrées de devises. C'est déjà le cas du Nigéria qui a été obligé de dévaluer la Naira. Ce sera bientôt le cas du Venezuela, de la Russie, et de l'Iran.
La croissance sud-africaine au T3 a déçu car elle était avant tout portée par les activités agricoles plutôt que par le tourisme, la finance et les services. La croissance brésilienne a réjoui car le pays échappe de peu à la récession.

Bon week-end à vous tous.
Omar Fassal

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