vendredi 19 décembre 2014

L'Hebdo de l'Eco
Chaque semaine apporte son lot de stastistiques qui réaffirment la désinflation
Vendredi 19 Décembre 2014

ETATS-UNIS
Alors qu'auparavant, la FED promettait de garder les "taux bas pour une période considérable", cette expression fut supprimée. Cela signifie que le moment tant attendu de hausse des taux approche. Cela implique que les turbulences que traversent les marchés mondiaux n'ont pas changé le cap que s'est fixé la Banque Centrale américaine pour relever ses taux, car la solidité de la reprise américaine lui est devenue évidente. C'est pour cela qu'elle a baissé ses prévisions de taux de chômage à fin 2015, de 5.50% à 5.25%. Les marchés s'attendent à une première hausse au premier semestre 2015, et plus particulièrement au mois de Juin.
Si la FED ne semble pas avoir changé son planning de hausse des taux, les hausses en elle-même pourraient être plus petites que prévues. C'est ce que révèle la baisse de ses prévisions de taux :
- Pour 2015, baisse de la fourchette de taux attendue de 1.25%-1.50% à 1.00%-1.25%
- Pour 2016, baisse de la fourchette de taux attendue de 2.75%-3.00% à 2.50%
Dans son nouveau langage, la FED annonce qu'elle sera "patiente". Pourquoi ? Parce que les pressions inflationnistes sont très faibles, et ne la poussent pas à remonter les taux rapidement. Les prix à la production aux US sont ressorti en repli à -0.2% en Novembre. Les prix à la consommation ont baissé à +1.3%. La cause est évidemment la baisse du prix de l'énergie et des produits agricoles. Lorsqu’on soustrait ces produits volatils, l'inflation sous-jacente a progressé de +1.7% en Novembre. L'inflation sous-jacente attendue par la FED pour 2015 a été rabaissée de +1.75% à +1.30%.

EUROPE
Chaque semaine apporte son lot de statistiques qui réaffirment la désinflation. Cette semaine, l'inflation au sein de la zone Euro est ressortie à seulement +0.3%. La Grèce et l'Espagne sont déjà en déflation. Au Royaume-Uni, l'inflation est ressortie en Novembre à seulement +1.0%, le niveau le plus bas depuis 12 ans.
La publication des indices PMI pour la zone euro était globalement neutre :
1.  Eurozone. Le PMI Composite, qui regroupe le secteur manufacturier et les services, s'est améliorée au mois de Décembre. Il passe de 50.1 à 50.8, vs des attentes de 50.5. Ce niveau n'est certes pas très élevé pour signaler une expansion notable, mais au moins, il s'éloigne de la barre des 50 qui signale la limite entre l'expansion et la contraction
2.   Allemagne. Le PMI Composite déçoit. Il passe de 51.7 à 51.4, vs des attentes de 52.3. Il s'agit là du niveau le plus faible depuis Juillet 2013.
3.   France. Le PMI Composite surprend. Il progresse de 47.9 à 49.1, vs des attentes de 48.3. Mais pour l'instant, il reste sous le seuil des 50 qui signale une contraction de l'activité.
4.   Chine. Le PMI manufacturier HSBC déçoit. Il se replie de 50.0 à 49.5, vs des attentes de 49.8. Il est désormais sou le seuil de contraction.
5.   Japon. Le PMI manufacturier s'améliore de 52.0 à 52.1. Il s'agit là de son 7ème mois en territoire positif.

ASIE
 1. INDE
La croissance de l'indice des prix de vente au gros est devenue nulle au mois d'Octobre; elle est ressortie à 0% en Year-to-Year. Entre temps, la croissance de l'Indice des prix à la consommation se fixe à +4.38%. Ces niveaux d'inflation sont les plus bas atteints depuis 2009. La production industrielle était ressortie en repli de -4.2% au mois d'Octobre. La combinaison de ralentissement économique et la disparition de toute pression inflationniste, va sans aucun doute conduire la Banque Centrale Indienne à baisser ses taux début 2015. Les marchés s'y attendaient lors de la réunion, mais le gouverneur a reporté cette décision à début 2015.

  2. JAPON
Après avoir participé à l'élection anticipé qu'il avait demandé, le parti de de Shinzo Abe remporte 61% des sièges de la chambre basse du Parlement. Il pourra ainsi continuer son train de réformes (les Abenomics), même si le débat sur leur succès est toujours vif. Entre temps, le déficit commercial japonais s'est accru pendant le mois de Novembre de+21%. Il est ressorti à -891 milliards de Yen, vs -737 milliards au mois précédent. Les exportations ont progressé de seulement +4.6% vs des attentes de +7.0%. Les importations ont baissé de -1.7% vs des attentes de +1.6%. On s'attendait à ce que la faiblesse du Yen booste plus les exportations, ce ne fut pas le cas. La baisse du prix de l'énergie a permis de soulager le poids des importations.

PAYS EMERGENTS
L'ampleur de la hausse du taux directeur de la Banque Centrale Russe - de 10.5% à 17% - reflète la gravité de la situation. La Banque tente de prendre les mesures les plus extrêmes afin de freiner la dévaluation du Rouble, et la forte inflation qui en résulte. Celle-ci est actuellement de +9.1%, et va sans aucun doute dépasser la barre des +10% début 2015. La récession prévue par la Banque Centrale Russe pour l'année prochaine (censée être optimiste) va de -4.5% à -4.7%. En parallèle à la baisse continue du Rouble, les taux d'emprunt augmentent car les marchés craignent un défaut. Les taux russes ont atteint un pic de 16% hier sur le 10 ans, ils étaient devenus supérieurs à ceux du Rwanda.
La Banque Centrale Russe a par ailleurs présenté un nouveau package de mesures pour soutenir les banques russes, et éviter une crise de liquidité :
1.   Autoriser les banques à valoriser les actifs étrangers qu'elles détiennent, avec le taux de change du Rouble du trimestre précèdent. Cela évite d'impacter à la baisse les portefeuilles d'actifs détenus, suite à l'effondrement du Rouble.
2.   Supprimer le plafond sur les taux d'intérêts facturables aux clients. Cette mesure devrait permettre aux banques de répercuter sur les clients leurs véritables coûts de refinancement.
3.   Supprimer la nécessité pour les banques de reporter au régulateur, la baisse de leurs capitaux réglementaires en dessous du seuil requis en temps normal.
Si la Russie impose des contrôles de changes trop stricts pour freiner la baisse du Rouble, MSCI, société américaine d'indices pourrait retirer la Russie des Marchés Emergents. Elle représente actuellement 6.6% de l'indice MSCI EM. Cela aurait pour conséquences des flux financiers sortants du pays, par les nombreux fonds qui répliquent l'indice. Cela ne ferait qu'amplifier les ennuis de la Russie.

Bon week-end à vous tous.
Omar Fassal

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