vendredi 12 décembre 2014

L'Hebdo de l'Eco
Les séquelles financières du conflit russo-ukrainien sont toujours d'actualité...
Vendredi 12 Décembre 2014


ETATS-UNIS
La baisse du prix du pétrole soutient la croissance américaine. Cela était devenu évident lorsque la croissance du PIB au T3-14 a été revue à la hausse, en raison d'une progression de la demande privée. Cela est toujours d'actualité. Hier, la croissance des ventes au détail pour le mois de Novembre a été publiée. Ce chiffre est ressorti à la hausse de +0.7%, vs des attentes de seulement +0.4%, et vs +0.5% au mois d'Octobre. C'est là la plus forte hausse depuis Mars 2014. Même en retranchant les ventes de voitures et de carburant, les ventes au détail restent en progression de +0.6%. Le nombre de personnes postulant pour des indemnités de chômage a baissé la semaine dernière de -3,000 à 294,000 personnes. La baisse du pétrole est décidemment une bonne nouvelle pour l'économie américaine. Cela vient en amont de la prochaine réunion de la FED, où la Banque Centrale devrait apporter plus d'informations sur sa future hausse des taux. La croissance est là et le marché du travail est solide, cela pousse la FED à avancer sa hausse des taux. Mais il n'y a tout de même pas le feu, car les pressions inflationnistes demeurent faibles, en raison d'une progression très faible des salaires.

EUROPE
Quatre chiffres nous éclairent sur la désinflation qui se poursuit au sein de la zone euro :
1/ L'inflation allemande est ressortie à +0.5% au mois de Novembre, un plus bas depuis Février 2010
2/ L’inflation française est tombée au mois de Novembre à seulement +0.4%, elle marque un plus bas sur les 5 dernières années
3/ L'inflation italienne est ressortie à +0.3% au mois de Novembre en year-to-year. C'est certes légèrement au-dessus des attentes (+0.2%), mais cela reste très faible et alarmant
4/ Les prix espagnols sont en repli : les prix ont baissé au mois de Novembre de -0.2% en month-to-month, et de -0.5% en year-to-year

Il faut rajouter à cette désinflation, des chiffres de production industrielle en repli pour le mois d'Octobre, qui traduisent la conjoncture morose européenne :
1/ La production industrielle dans la zone euro (18 pays) a fait du surplace (+0.1%), vs des attentes de +0.2%
2/ La production industrielle italienne s'est replié de -0.1% en month-to-month et -3.0% en year-to-year
3/ La production industrielle française s'est replié de -0.8% vs des attentes et de -1.0% en year-to-year
4/ La production industrielle allemande a progressé de +0.2% en month-on-month, vs des attentes de +0.4%
5/ La production industrielle a également baissé au Royaume-Uni, ce qui a étonné les marchés. Celle-ci s'est repliée de -0.1% vs des attentes de +0.2%

La balance commerciale allemande a augmenté mais pas pour les bonnes raisons. Au premier abord, la balance commerciale a augmenté, passant de 18.5 milliards d'Euro en Septembre à 20.6 milliards en Octobre. Bonne nouvelle ? Pas tant que ça, car il faut regarder la décomposition de cette évolution. Elle ne découle pas comme on pourrait le souhaiter, d'une hausse des exportations. En effet, celles-ci se sont repliées de -0.5% contre un consensus plus pessimiste de -1.5%. Cette hausse de la balance commerciale découle d'une baisse importante des importations : -3.1%, vs +5.4% au mois de Septembre, et vs des attentes de -1.5%. Cette baisse importante des importations, traduit un ralentissement de la demande.

Dans ce contexte morose, la pression sur Draghi pour agir début 2015 n'aura jamais été aussi forte. Aucune de leurs mesures n'a servie à relancer l'inflation. Elles ont par contre surement servi à éviter la déflation. Car en effet, la situation aurait été pire sans ces mesures. Le second round de TLTRO fut décevant. Les banques n'ont souscrit qu'à 129 milliards d'Euros, vs des attentes de 170 milliards, sur un maximal empruntable de 317 milliards. Il s'agit là du second round de refinancement sur un total de 8. Le premier avait permis aux banques d'emprunter la somme de 83 milliards; les 6 autres rounds sont prévus à partir de 2015.

ASIE

  1. CHINE
La situation chinoise est également teintée d'un véritable ralentissement. La production industrielle a déçu. Elle a progressé au mois d'Octobre de seulement +7.2%, vs des attentes de +7.5%, et vs +7.7% au mois précédent.
L'indice des prix à la production (PPI) est ressorti à -2.7% pour le mois d'Octobre en year-to-year, il s'agit là du 33ème mois d'affilé avec une baisse des prix. L'indice des prix à la consommation (CPI) est également en ralentissement. Il est ressorti à seulement +1.4%. Au début de l'année il était à +2.5%.
Ces pressions baissières sur les prix vont sans aucun doute conforter la Banque du Peuple dans son assouplissement monétaire, car sans celui-ci, l'objectif de croissance de +7.5% fixé par les autorités devient improbable.

  2. JAPON
Après que Moody's ait dégradé la note japonaise le mois dernier, c'est maintenant au tour de Fitch de sévir. L'agence de notation a placé le rating japonais sous perspective négative. La raison est la même que pour le mois dernier : l'annulation de la seconde hausse de TVA va ralentir le rythme de consolidation des finances publiques. Shinzo Abe n'avait pas le choix, le choc pour l'économie japonaise découlant de la première hausse était très fort. Le PIB du Japon pour le T3-14 qui avait officiellement fait basculer le pays en récession, a été revu à la baisse à l'occasion de sa révision. Il est passé de -1.6% à -1.9% en rythme annualisé. Certains économistes s'attendaient à une revue à la hausse de ce chiffre (+0.9%) mais cela ne s'est pas produit. Nous commençons aujourd'hui, à voir quelques signes positifs qui indiquent que ce choc est passé. Il s'agit surtout, de la publication de l'indice PMI Services du mois de Novembre, publié le mercredi 3 décembre. Cet indice est passé de la contraction (48.7) à l'expansion (50.6).
Le Japon ne doit désormais son salut plus qu'à la BoJ, sui soutient les exportations grâce à un Yen faible. Cette stratégie est gagnante. La Balance Courante du pays pour le mois d'Octobre est ressortie à 6.85 milliards de dollars, un chiffre supérieur de 14% aux estimations. 

PAYS EMERGENTS
Les séquelles financières du conflit russo-ukrainien sont toujours d'actualité. En Russie, le Rouble qui a baissé de -40% face au dollar depuis le début de l'année, fait les frais du conflit avec l'Ukraine, des fuites de capitaux, de la baisse du prix du baril de pétrole et des sanctions économiques imposés par les Occidentaux. Pour le défendre, la Banque Centrale Russe a augmenté son taux directeur de +1.0% à 10.5%. L'inflation est très importante en raison de la dévaluation de la monnaie (10% d'inflation annuelle vs une cible de 4%). Mais cette hausse des taux va finir d'achever l'économie russe qui est déjà très proche de la récession. Le PIB pour le T3-14 est ressorti à +0.7%, vs +2.0% un an auparavant.
De l'autre côté du miroir, en Ukraine, les réserves de change de la Banque Centrale ont baissé de 40 milliards en 2011 à 9.9 milliards. Le pays est au bord du défaut de paiement, et doit obtenir une assistance étrangère pour pouvoir honorer le service de ses obligations.

Bon week-end à vous tous.
Omar Fassal

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