vendredi 26 décembre 2014

L'Hebdo de l'Eco
Vite Mr. Abe, ça urge !
Vendredi 26 Décembre 2014

ETATS-UNIS
La semaine dernière, la FED avait supprimé l'expression "taux bas pour une période considérable", car le moment tant attendu de la hausse des taux approche. Mais la FED s'était dite patiente, car il n'y avait pas de pressions inflationnistes. Ce diagnostic d'une croissance économique soutenu a été confirmé par la publication du PIB pour le T3-14 par le Bureau of Economic Analysis. Alors que les marchés s'attendaient à une croissance réelle annualisée de +4.3% en trimestre glissant, celle-ci ressort à +5.0%. Le Bureau of Economic Analysis, a revu à la hausse la croissance du PIB au T3, passant de +3.5% lors de sa première estimation, à +3.9% lors de la seconde, à +5.0% aujourd’hui. Ce chiffre reflète la solidité de la croissance américaine. Celle-ci était ressortie à -2.9% au T1 et à +4.6% au T2.

EUROPE

La semaine dernière, la publication des chiffres de l'inflation pour le mois de Novembre avait confirmé la désinflation européenne, et les PMI Composite étaient ressorties encourageant en France et au Japon, modestement encourageant dans la zone Euro, décevant en Allemagne et en Chine. Cette semaine fut portée par des nouvelles macro-économiques bien plus réjouissantes en Europe.
En effet, le Royaume-Uni a confirmé la croissance du PIB au T3-14 présentée précédemment. La croissance est ressortie à +0.7% en trimestre glissant, conformément aux attentes. Par contre, en année glissante, la croissance a été revue à la baisse. Elle est passée de +3.0% précédemment à +2.6%.
En France, le PIB du T3-14a été confirmé sans surprise en croissance de +0.3%, en trimestre glissant. Après avoir reculé de -0.8% en Octobre, la consommation des ménages français a progressé de +0.4% au mois de Novembre. Ce chiffre est supérieur aux attentes  de +0.5%. L'indice des prix à la production est par contre plus mauvais. Il se replie de -0.1% en Novembre, vs une stagnation au mois d'Octobre

ASIE

 1. JAPON
A peine réélu, Shinzo Abe n'a pas le temps de fêter sa victoire. La situation japonaise urge. La semaine dernière, le déficit commercial s'était accru (+21% en Novembre), car les exportations n'ont pas progressé autant qu'attendu (+4.6% vs attentes de +7.0%). Cette semaine a également apporté son lot de mauvaises nouvelles. 
En effet, l'inflation a baissé à un plus bas depuis 14 mois. Elle est ressortie à seulement +0.7% en Novembre vs +0.9% en Octobre. Elle remet en doute la capacité de la Banque du Japon d'atteindre sa cible de +2.0% grâce à son programme d'assouplissement quantitatif. La consommation des ménages a baissé en Novembre de -2.5%, la 8ème baisse d'affilé. La production industrielle d'Octobre a baissé de -0.6% en Octobre. Vite Mr. Abe, ça urge !

 2. Corée du Sud

Les signaux d'un ralentissement asiatique s'étaient accumulés : baisse des exportations, baisse des taux directeurs pour relancer les croissances dans plusieurs pays. Aujourd’hui, le gouvernement sud-coréen semble les avoir pris en considération. Il a rabaissé sa perspective de croissance pour 2014 de +3.7% à +3.4%. Il a par la même occasion rabaissé sa prévision pour 2015 de +4.0% à +3.8%. La bourse Sud-Coréenne connait une année difficile, avec un repli de -3.8% en YTD.

PAYS EMERGENTS

Après avoir augmenté ses taux directeurs de 10.5% à 17% la semaine dernière, et mis en place un package de 3 mesures, la Banque Centrale Russe est en train de stabiliser le Rouble. En effet, celui-ci a progressé de +11% sur la semaine, passant de 60.5 à 54.5. Après les menaces conférées par MSCI de retirer la Russie de son indice MSCI EM si elle prenait des mesures de contrôle des capitaux trop drastique, c'est au tour de l'agence de notation S&P de conférer les mêmes menaces cette semaine. 
L'agence a mis en garde la Russie contre un éventuel déclassement de son rating. Ce downgrade serait préoccupant car la note Russe est pour l'instant de BBB-, le niveau le plus bas dans la catégorie Investment Grade. Un déclassement signifierait la chute du rating russe dans la catégorie Junk Bonds, ce qui augmenterait d'avantage le cout de refinancement des entreprises russes.
De l'autre côté du conflit russo-ukrainien, l'Ukraine pâtit des retombées financières. S&P a dégradé le rating de l'Ukraine à CCC qui signifie "Ultra spéculatif". En cause, des doutes sur la solvabilité du pays en 2015. En effet, ses réserves internationales ont beaucoup baissé, et il se pourrait que le pays fasse défaut. A suivre.

Bon week-end à vous tous.
Omar Fassal

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