vendredi 23 janvier 2015

L'Hebdo de l'Eco
La BCE passe enfin à l'offensive
Vendredi 23 Janvier 2014


MONDE
Le FMI a actualisé ses prévisions de croissance,  et autant dire que le pessimisme est à l'ordre du jour. Ces nouvelles prévisions étaient attendues, car elles incluent la baisse du pétrole constatée au T4-14. Le FMI avait annoncé précédemment, que la baisse du prix du pétrole allait stimuler la croissance mondiale de +0.3% à +0.8%. C'est pour cela qu'il est étonnant de le voir à présent, réduire ses prévisions de croissance mondiale de -0.3% pour 2015 et 2016, les amenant à +3.5% cette année. Le ton est devenu plus pessimiste.
Les croissances américaine et espagnole ont été revues à la hausse. Aux US, on s'attend à une croissance de +3.6% en 2015. Le Royaume-Uni et l'Inde gardent les mêmes perspectives.
Par contre, celles-ci sont dégradées en Europe (France, l'Allemagne, l'Italie), au Japon, au Canada et en Chine. Pour cette dernière, le FMI anticipe une croissance de 6.8% en 2015 et de 6.3% en 2016.

EUROPE
La BCE a enfin lancé le programme de Quantitative Easing tant attendu. Ce programme présente les caractéristiques suivantes :

- Achats de 60 milliards d'Euros par mois, entre Mars 2015 et Septembre 2016, pour un total de 1.1 trillions d'Euros
- Ces montants incluent les deux programmes d'achats déjà lancés : achats des ABS et achats des Obligations Sécurisées
- Les achats de titres souverains seront répartis entre les pays selon leur part dans le capital de la BCE. Comme 30% du capital est détenu par des pays en dehors de la zone euro, il convient de retraiter les poids de chaque pays, en supprimant la fraction qui revient aux pays en dehors de l'union monétaire
- Les achats seront opérés par les différentes banques centrales nationales, relais de l'Euro système
- La BCE accepte le même traitement (pari passu) que les détenteurs privés des titres qu'elle achètera
- Sur 80% des achats de titres, le risque ne sera pas mutualisé. En clair, cela veut dire que si une banque centrale qui détient le titre souverain de son pays doit faire face à un défaut de paiement, elle épongera les pertes toute seule. Seuls 20% des achats de titres porteront un risque souverain mutualisé
- La BCE achètera des titres de maturité résiduelle allant de 2 à 30 ans
- La BCE ne détiendra pas plus d'un certain niveau d'emprise sur chaque émission pour ne pas influencer la formation des prix, mais ce seuil n'est pas communiqué

La zone euro traverse une passe difficile. Drôle de moment pour accueillir un nouveau membre : la Lituanie !

ROYAUME-UNI
L'inflation est tellement basse au Royaume-Uni - elle est ressortie à +0.5% au mois de Décembre en raison de la baisse du prix de l'énergie - que le Conseil des gouverneurs de la Banque d'Angleterre a voté à l'unanimité le maintien des taux. Il y a également eu une bonne nouvelle sur le front du chômage. Le taux est ressorti à seulement 5.8%, contre des attentes de 5.9%.

CHINE
Certes, la production industrielle a progressé de +7.9% en année glissante, contre +7.2% précédemment et contre des attentes de +7.4%. Certes, les ventes au détail ont augmenté de +11.9% vs +11.7% précédemment. Mais cela ne saurait camoufler le ralentissement structurel, et non pas conjoncturel, que vit l'économie chinoise. La croissance annuelle de 2014 est ressortie à +7.4%, son rythme le plus bas depuis 24 ans. La croissance devrait même baisser en dessous des 7%, à 6.8% selon les dernières prévisions du FMI.

COREE DU SUD
Mauvaise croissance au T4-14 : seulement +0.4%, un plus bas sur les 2 dernières années. En cause, une baisse de l'investissement en 2014, en raison d'une baisse des revenus fiscaux, semble être à l'origine de ce ralentissement. C'est là l'explication de la Banque Centrale, démentie par le Ministère des Finances. Nous anticipons un relâchement de la politique monétaire pour relancer la croissance, dans un contexte de faible inflation.

PAYS EMERGENTS 
MALAISIE
Suite à la baisse du prix du pétrole, le pays qui est un exportateur, a réduit ses perspectives de croissance. Sa prévision passe d'une fourchette de 5-6% précédemment, à une fourchette de 4.5-5.5%. Le taux de chômage est pour l'instant très bas (3.1%), si celui-ci venait à augmenter, les autorités seraient amenées à intervenir.

BRESIL
Le taux directeur a été augmenté de +50pb à 12.25%, dans le but de lutter contre l'inflation galopante.

Bon week-end à vous tous.
Omar Fassal

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