vendredi 6 février 2015

L'Hebdo de l'Eco
La BCE hausse le ton face à la Grèce
Vendredi 6 Février 2014



US
1. Croissance du T4-14
La croissance américaine est ressortie à +2.6% au T4-14, contre des attentes de +3.0%, et contre un rythme de +5.0% au T3. La demande privée est restée très forte (+4.3% vs +3.2% au T3), stimulée par la baisse des prix de l'énergie. Ce qui a ralenti la croissance, c'est une demande extérieure plus faible (croissance des exportations de +2.8% vs +4.5% précédemment), des importations plus importantes (croissance de +8.9% vs une baisse de -0.9% précédemment), un ralentissement des investissements (baisse des dépenses fédérales de -7.5% contre une hausse de +9.9 précédemment) dans un contexte marqué par un réajustement du déficit budgétaire. Sur l'ensemble de l'année la croissance américaine ressort à +2.4%, contre +2.2% en 2013.

2. Baisse du PMI US au mois de Janvier
Le PMI américain manufacturier calculé par ISM a déçu au mois de Janvier. Il est ressorti à 53.5, vs des attentes de 54.5, et vs 55.1 au mois de Décembre. Le chiffre au-dessus des 50 indique qu'il y a toujours une expansion, mais sa baisse signifie que celle-ci ralentit. Il faut y voir l'impact sur l'industrie américaine d'un Dollar plus fort (en raison des politiques divergentes de la FED d'une part, puis de la BCE et de la Bank of Japan d'autre part), ainsi que l'effet d'une demande extérieure plus faible.

3. Création d'emplois aux US au mois de Janvier
L’enquête ADP qui estime le nombre de créations d'emplois aux US, laisse apparaître une création de 213,000 nouveaux emplois en Janvier, contre 253,000 au mois précédent, et contre des attentes de 223,000. Les chiffres officiels seront annoncés vendredi.

4. Accroissement du déficit commercial américain en Décembre
Le marché s'attendait à une réplique du scénario de Novembre : une baisse des importations énergétiques (aussi bien en volume qu'en valeur) et une hausse des exportations, qui aboutiraient à une réduction du déficit commercial. Mais ce ne fut pas le cas. Les importations ont progressé de +2.2% à 241.1 milliards de dollars, et les exportations de +0.8% à 194.8 milliards. Du coup, le déficit s'est accru de 39.8 milliards à 46.6 milliards en Décembre. La baisse du rythme des exportations, pourrait être causée par une Dollar trop élevé, qui commence à pénaliser le commerce extérieur américain...

EUROPE
1. La BCE sévit contre la Grèce
La BCE sévit contre la Grèce, en raison de l'élection du parti Syriza qui menace de faire défaut sur la dette grecque déjà renégociée. En effet, la BCE n'acceptera plus comme collatéral pour ses opérations de refinancement de la dette grecque. Techniquement, elle peut mettre ce veto car ses statuts lui imposent d'accepter de la dette de catégorie Investment Grade comme collatéral, pas de la dette de catégorie High Yield, comme c'est le cas pour la dette grecque. Elle le faisait précédemment suite à une dérogation exceptionnelle. Elle a annulé cette dérogation quelques semaines avant son expiration.

2. Eurozone
Le PMI manufacturier est ressorti à 51 au mois de Janvier vs 50.8 au mois de Décembre. Les situations sont diverses selon les pays : une expansion du secteur manufacturier en Allemagne et en Espagne, et une contraction en France, en Italie et en Grèce.
L'indice des prix à la production dans la Zone Euro, baisse au mois de Décembre de -1.0% en month-on-month, et de -2.7% en année glissante. Les pressions déflationnistes sont très fortes au sein de la Zone Euro.
Les ventes au détail au sein de la Zone Euro ont progressé de +2.8% au mois de Décembre en année glissante, contre une progression de +1.6% au mois de Novembre, et contre des attentes de seulement +2.0%. En cette période de fête, les consommateurs européens semblent avoir bien profité de la baisse des prix.

3. Allemagne
Les commandes industrielles allemandes ont progressé de +4.2% en mois glissant, contre un repli de -2.4% au mois de Novembre. Cet indicateur, conjugué à un PMI manufacturier satisfaisant en début de semaine, indique une éclaircie pour l'économie allemande en ce début d'année. Elle qui a avait souffert comme toutes les autres, du ralentissement européen l'année dernière.

4. Royaume-Uni
La Banque d'Angleterre aimerait que le flux de crédits octroyés par les banques aille vers les Petites et Moyennes Entreprises, mais ce ne fut pas le cas tout au long de l'année précédente. En effet, les crédits sont partis vers la consommation et l'immobilier, plutôt que vers les PME.
Le PMI manufacturier est ressorti à 53 au mois de Janvier vs 52.7 au mois de Décembre, un signe encourageant.
Enfin, la Banque d'Angleterre a maintenu son taux directeur à son niveau actuel (0.5%). Les perspectives d’inflation sont basses (l'inflation est ressortie à +0.5% au mois de Décembre) en raison de la baisse du prix des matières premières. Le marché table sur une hausse pendant l'automne/hiver 2015, si les perspectives d'inflation s'améliorent.

5. Irlande
La croissance en Irlande est ressortie à +5.1% en 2014, un plus haut sur les 9 dernières années. Cela reflète la reprise forte de l'économie irlandaise. Mais malheureusement, cela n'a pas encore permis de baisser le taux de chômage qui culmine à 11.3%.

6. Danemark
Au Danemark, la banque centrale a baissé le taux de rémunération des dépôts pour la quatrième fois en 1 mois. Il se fixe à présent à -0.75%. Le but est de freiner l'appréciation de la couronne face à un euro qui se déprécie.

ASIE
1. Japon
La balance commerciale japonaise est déficitaire au mois de Décembre 2014, mais moins que prévue. Les exportations ont progressé de +12.9% vs des attentes de +11.2%. Les importations ont progressé de +1.9%, conformément aux attentes. Dans ce cadre, le déficit commercial sur le mois s'est allégé de -26% à -661 Milliards de Yen.
La production industrielle a progressé de +1% au mois de Décembre et de +0.3% sur l'ensemble de l'année, mais l'inflation est très inquiétante. Elle est ressortie à seulement +0.5% au mois de Décembre. L'objectif de la Banque du Japon (+2.0%) semble bien loin.
Les ventes au détail au Japon ont baissé de -0.3% au mois de Décembre 2014, vs des attentes de +0.3%. Sur l'ensemble de l'année, les ventes ont progressé de seulement +0.2%, vs des attentes de +0.9%. Le Japon est entré en récession suite à la seconde hausse de la TVA au mois d'Avril 2014.

2. Chine
Le PMI Manufacturier Chinois d'HSBC est ressorti pour le second mois d'affilé en contraction (inférieur à 50), à 49.7. Même le PMI officiel est ressorti pour la première depuis 2012, à un niveau inférieur à 50, indiquant une contraction du secteur. 
Comme prévu, l'assouplissement monétaire chinois démarre pour soutenir la conjoncture difficile. La Banque du Peuple a baissé son ratio de réserve de -0.5% à 19.5%, ce qui augmentera la capacité de prêt des banques pour soutenir la croissance économique qui a ralenti. Pour les banques rurales à vocation agricoles, la Banque du Peuple a baissé le ratio qui leur était imposé de -4.5%. 
On peut s'attendre à plus d'assouplissement monétaire de la part de la Banque du Peuple, et fiscal de la part du gouvernement.

3. Taïwan
Pour la première fois depuis 5 mois, le PMI manufacturier de Taïwan est ressorti à 51.7 en Janvier, indiquant une expansion.


4. Inde
La Banque Centrale Indienne a maintenu son taux directeur stable (à 7.75%) suite à la baisse surprise le mois dernier. Mais pour libérer des liquidités pour l'économie, elle a baissé le ratio d'Or et d'obligations souveraines que les banques doivent détenir, de 22.0% des dépôts à 21.50%.

5. Indonésie
La croissance indonésienne a chuté en 2014 à +5.01%, contre +5.78% l'année dernière. Il s'agit là du rythme de croissance le plus bas enregistré depuis 2009. L'économie souffre de la baisse des importations chinoises de charbon et de caoutchouc, ainsi que d'une politique monétaire encore restrictive, destinée à stopper les fuites de capitaux.

6. Australie
La Banque Centrale d'Australie a fini par baisser son taux directeur, le faisant passer de 2.50% à 2.25%.Elle le fait pour la première fois depuis 1 an et demi. En cause, une croissance plus faible (notamment en raison de la baisse du prix des matières premières et des investissements miniers), ainsi qu'une inflation plus modérée (de +2.3% au T3-14 à +1.7% au T4-14). Le marché s'attend désormais à plus d'assouplissement, maintenant que la Reserve Bank of Australia s'est décidée à intervenir.
La Banque Centrale d'Australie qui a baissé son taux directeur cette semaine, a également diminué ses perspectives de croissance pour 2015 de -0.25%, pour les amener vers une fourchette de 1.75%-2.75%. Elle a également baissé ses perspectives d'inflation : 2%-3%.

PAYS EMERGENTS 
1. Russie
La Russie avait augmenté son taux directeur de façon vertigineuse, afin de stopper la dégringolade du Rouble et la fuite des capitaux. Cette hausse était tellement violente qu'elle a, comme prévu, tué tout espoir de croissance. On s'attend désormais à un repli du PIB russe de -3% à -5% pour 2015. Dans ce contexte, la Banque Centrale Russe a baissé son taux de -200pb à 15%.

2. Ukraine
La Banque Centrale d'Ukraine a augmenté son taux directeur de 14.0% à 19.5%, et ce pour trois raisons : 1/ Freiner la baisse de sa monnaie 2/ Lutter contre une inflation trop importante 3/ Eviter des fuites de capitaux.

3. Turquie
La Turquie qui avait déjà baissé ses taux ce mois-ci de 50pb à 7.75%, s'apprête à les baisser une seconde fois.

Bon week-end à vous tous.
Omar Fassal

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