vendredi 3 juillet 2015

L'Hebdo de l'Eco
Grèce : Tenue d'un référendum ce Dimanche et fermeture des banques
Vendredi 03 Juillet 2015


US
Création de 237,000 postes aux US
Les Etats-Unis ont créé 237,000 nouveaux postes au mois de Juin, selon l'estimation préliminaire d'ADP. Un chiffre qui conforte la trajectoire robuste de l'économie américaine.

EUROPE
Tenue d'un référendum ce Dimanche et fermeture des banques
La semaine dernière, tout avait bien démarré. Le dernier round des négociations entre la Grèce et ses créanciers (démarré lundi) semblait bien parti. La Grèce a cédé sur plusieurs exigences des créanciers, car les dirigeants commençaient à paniquer. En face, l'Europe n'a malheureusement pas fait un pas envers les grecs, en promettant de restructurer la dette grecque. Les européens avaient jugé les propositions grecques comme une bonne base de discussion, et tout le monde espérait qu’un deal soit conclus avant la fin de la semaine.
A partir de Vendredi, tout s'est emballé. La Grèce refuse de céder sur la TVA et sur la baisse des pensions de retraites. Tsipras rejette le deal des européens. La BCE lâche la Grèce ! Alors qu'auparavant elle augmenté le montant de liquidités d'urgence offertes aux banques grecques via la Banque de Grèce, la BCE souhaite désormais conserver le même plafond (à 89 milliards d'Euros), sans l'augmenter. Les banques grecques sont dans une situation difficile avec des retraits de 1 à 2 milliards d'euros par jour. La semaine dernière, 8 milliards de sorties sur les dépôts bancaires ont été enregistrés. Les banques grecques qui avaient jusque-là évité la fermeture forcée grâce au concours de la BCE, sont désormais toutes seules. Le conseil de stabilité financière grec (banques, régulateurs, ministère des finances, banque centrale) a décidé de mettre en veille le système financier grec. Une décision lourde et difficile qui n'arrive pas tous les jours. 
Les banques sont fermées, au moins jusqu'au mardi prochain 07 Juillet. Les retraits seront limités sur les guichets bancaires à 60 Euros par personne et par jour. Les mouvements de capitaux sont bloqués, pour éviter que les dépôts continuent de fuir le pays vers d'autres contrées européennes (telles que l'Allemagne). La bourse des valeurs mobilières est fermée.
Après des mois de négociations infructueuses, la Grèce a fait défaut. Une réunion téléphonique a eu lieu in extremis, mais sans résultat. 
Tsipras n'a plus rien à perdre. Il a envoyé un message de dernière minute aux dirigeants affirmant qu'il voulait encore discuter en obtenant une prolongation des délais de paiement. Peu de chance que cela aboutisse désormais.
Tsipras a surtout pris une décision qui sera lourde de conséquences : il organisera un référendum dimanche prochain, pour savoir si la population soutient le plan d'austérité des européens ou pas. Tsipras soutiendra le Non, si le référendum ne lui est pas favorable, il démissionnera. Des citoyens grecs vont surement prendre peur face à cette situation et voter pour le Oui, la partie n'est pas gagnée d'avance pour Syriza.
Si le Non l'emporte, cela constituera le premier pas vers la sortie de la zone Euro, qui deviendra alors inévitable. Sortir de la zone Euro est une décision lourde, et l'on sent que Syriza souhaite obtenir le consentement de la population, avant de franchir la porte.
Le Grexit n'est plus tabous, il est sur la bouche des européens qui considèrent qu’un Non au référendum en serait la première étape. Il est également sur la bouche d'éminents gouverneurs de la BCE. 
Tsipras a envoyé une nouvelle lettre aux créanciers pour faire des concessions (sur la TVA et sur les pensions). Il espère que cela permettra de relancer le processus de négociation. Les européens, surtout les allemands, ont exprimé clairement qu'il fallait attendre l'issue du référendum pour renégocier. 
L'attitude de la BCE sera cruciale sur les jours qui viennent. Si elle lâche complétement la Grèce, la sortie de l'Euro sera consommée. La BCE reste le seul lien qui permet d'alimenter les banques grecques et de les maintenir au sein de l'Union.

Baisse du taux directeur en Suède
Le taux directeur de la Banque Centrale de Suède fut baissé de -10pb à -35pb, dans le but de lutter contre les pressions déflationnistes persistantes au sein du pays.

ASIE
Crash du marché actions et baisse du taux directeur en Chine
La bulle sur le marché actions chinois est en train d'éclater depuis le mois de Juin. La performance est passée de +55% au plus haut à +25%. La banque centrale a baissé son aux directeur (-25pb à 4.85%) pour soutenir les marchés mais cela ne suffira surement pas à contenir la baisse.
Un des éléments parmi d'autres qui avait propulsé le marché boursier chinois vers l'étoile, c'était les achats à effet de levier offerts aux particuliers. Suite à la baisse du marché, les brokers demandent des appels de marges au client. Si celui-ci  n'est pas capable de rajouter des liquidités, sa position est écoulée sur le marché, ce qui amplifie la baisse. Un schéma classique. Pour tenter de freiner la baisse du marché boursier, les autorités chinoises ont levés les restrictions sur les effets de levier. Chaque broker peut adopter la politique qui lui plait, plus ou moins souple, concernant les marges qu'il impose à sa clientèle. Le but étant d'éviter les liquidations forcées de titres qui ne font qu'amplifier la baisse. Une mesure pour le moins originale, mais qui pour l'instant ne donne pas de résultats.

AUTRE
Puerto Rico sur le point de faire défaut
Puerto Rico pourrait rejoindre la situation grecque en faisant défaut lors des jours qui viennent. Le gouverneur de l'île a expliqué lundi que la dette était devenue colossale. Plusieurs OPCVM américain sont concernés, car ils détiennent des titres émis par l'Etat.

Bon week-end à vous tous.
Omar Fassal

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